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mardi 5 juin 2007

Environnement: chacun s'adapte... a sa facon - Different ways of saving the planet !

  • Sauvons la planète


Le biofuel serait plus lucratif que la coca, note le Guardian, et entraîne donc son lot de massacres: des groupes armes chassent les paysans pour s'approprier leur terres et y cultiver des Palmiers pour leur huile, un marche juteux a destination des pays qui se convertissent au bio-carburants. Bio ne rime quasiment jamais avec equitable, c'est bien connu... mais le Guardian souligne la un developpement bien inquietant !!

Massacres and paramilitary land seizures behind the biofuel revolution· Colombian farmers driven out as armed groups profit · Lucrative 'green' crop less risky to grow than coca by Oliver Balch in Mutat and Rory Carroll in CartagenaTuesday June 5, 2007 The Guardian

Le Monde n'est guere plus rassurant:

"Aujourd'hui, les biocarburants ne représentent que 1 % de la consommation mondiale des transports routiers. Mais les effets de leur développement se font déjà fortement sentir. Sur les cours du maïs ou du soja, dopés par la demande, et sur les surfaces cultivables disponibles. "Il faudrait deux planètes pour remplir les estomacs, remplir les réservoirs, et préserver l'avenir de la biodiversité", résume Michel Griffon, responsable du département agriculture et développement durable de l'Agence nationale de la recherche.
En Asie du Sud-Est, des forêts tropicales humides sont détruites pour laisser à la place à des plantations de palmiers à huile, faisant disparaître de précieux "puits de carbone". Au Brésil, les plantations de soja gagnent du terrain sur la forêt amazonienne, "poumon" de la planète. Aux Etats-Unis, les cultures de maïs destinées à la fabrication d'éthanol nécessitent l'exploitation de nappes d'eau fossiles. En Europe, les biocarburants sont cultivés sur des zones autrefois laissées en jachère, utiles au maintien de la biodiversité. Enfin, la culture de ces plantes nécessite l'utilisation d'engrais et de pesticides polluants. Des organisations écologistes européennes réclament aujourd'hui un moratoire, en attendant le développement de biocarburants de deuxième génération, plus performants et respectueux de l'environnement. Mais l'agro-industrie pourra-t-elle attendre une ou deux décennies ?"

Les biocarburants contestés
LE MONDE POUR MATINPLUS 05.06.07 07h48 • Mis à jour le 05.06.07 10h50

  • La Norvège mobilisée pour l'environnement

Après l'Algérie et les Etats-Unis, la Norvège, témoin sensible du réchauffement climatique, est le pays hôte de la Journée mondiale de l'environnement, célébrée le 5 juin. Cette action lancée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1972 demeure tristement au cœur de l'actualité. Dans le cadre de l'Année polaire internationale, le thème retenu est "La fonte des glaces : une question brûlante ?" Le slogan met en lumière les effets des transformations de l'environnement polaire sur les climats du monde entier. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dispose à cet effet d'un site spécial disponible en quatre langues dont le français. A butiner, de superbes photos et un abécédaire sur les "77 façons de célébrer l'évènement". Egalement conseillé, le site officiel de l'ambassade de Norvège en France fournit les clés pour mieux cerner les enjeux de l'action. Enfin, pour ceux qui ont quelques notions de norvégien, le site officiel du pays hôte donne les programmes, mises à jour des conférences et le programme spécial sur les "perspectives nordiques" qui se tiennent les 4 et 5 juin à Tromsø.


World Environment Day - UN Environment Programme

Source: Check-list Le Monde - Newsletter 5.06.07

dimanche 3 juin 2007

Decroissance, pacte ecologique et equilibres sociaux

Le defi du XXIeme siecle: passer d'une economie du jetable a une economie du durable renouvelable.

La croissance en question
LE MONDE 31.05.07 09h41 • Mis à jour le 31.05.07 09h47

Croissance, croissance, croissance ! Economistes, politiques, entrepreneurs, journalistes, tous n'ont que ce mot à l'esprit quand il s'agit de parler des solutions à apporter aux maux de la société. Souvent, ils oublient même que leur mot fétiche n'est qu'un moyen, et le posent en objectif absolu, qui vaudrait par lui-même.

Cette obsession, qui rassemble la droite et la gauche, est aveugle à l'ampleur de la crise écologique : changement climatique, mais aussi crise historique de la biodiversité et contamination chimique de l'environnement et des êtres. C'est que l'instrument qui sert de boussole aux responsables, le PIB (produit intérieur brut), est dangereusement défectueux : il n'inclut pas la dégradation de la biosphère. Cela signifie que nous contractons à l'égard de celle-ci une dette toujours croissante. La dérégulation émergente des grands écosystèmes planétaires est le prix de cette dette. Si rien ne change, les annuités ne vont plus cesser de s'en alourdir.

L'obsession de la croissance est aussi idéologique, car elle fait abstraction de tout contexte social. En fait, la croissance ne fait pas en soi reculer le chômage : "Entre 1978 et 2005, le PIB en France a connu une croissance de plus de 80 %, remarque Nicolas Ridoux dans le journal La Décroissance d'avril. Dans le même temps, non seulement le chômage n'a pas diminué, mais il a doublé, passant de 5 à 10 %." Le Bureau international du travail et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement confirment : malgré une hausse du PIB mondial de 5 % par an, le chômage ne diminue pas. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale observent aussi que l'élévation du PIB ne fait pas reculer la pauvreté ni l'inégalité. En réalité, l'invocation permanente de la croissance est un moyen de ne pas remettre en cause l'inégalité extrême des revenus et des patrimoines, en faisant croire à chacun que son niveau de vie va s'améliorer.

Il y a urgence à réinterroger le sens et le contenu de cette obsession moderne. Une piste nouvelle est de viser la réduction des consommations matérielles, c'est-à dire des prélèvements que nous faisons sur les ressources naturelles. Un rapport du Parlement européen, présenté en mars par la députée Kartika Tamara Liotar, le propose : "Il convient de réduire par quatre, à l'horizon 2030, la consommation de ressources primaires non renouvelables dans l'Union européenne."

Rares sont les politiques qui prennent conscience de l'urgence. Le 16 janvier, dans une conférence de presse à Paris, Alain Juppé déclarait : "C'est une autre croissance qu'il faut inventer, qui s'accompagne d'une décroissance des gaspillages, et nous avons besoin, dans un monde frappé par la pauvreté et les inégalités, d'une croissance moins consommatrice des énergies et des ressources non renouvelables, une croissance respectueuse des équilibres naturels, une croissance qui s'accompagne d'autres modalités de consommation et de production." Très beaux mots. Qu'il faut faire vivre, Monsieur le Minitre.

Hervé Kempf
  • Une societe peut-elle croitre indefiniment?

L'Irlande, ce "modele" que je suis venue un jour etudier de toute la force de mes neurones jadis admiratives, connait elle-meme la difficulte de se renouveler continuellement pour faire face aux imperatifs d'une croissance soutenue en permanence. Le plein-emploi, meme en situation de pression constante sur les travailleurs et d'operation seduction permanente envers les investisseurs, ce n'est pas si evident que ca. La recette de l'equilibre, comme celle du souffle au fromage, est subtile, et l'alchimie delicate a realiser.

L'Irlande est actuellement parmi les economies les plus globalisees du monde, avec le Bresil, la Chine, l'Inde, et d'autres pays emergents leaders dans la course a la croissance effrenee, ce qui signifie qu'elle depend massivement de l'intervention exterieure pour nourrir une force de travail abordable, l'nvestissement et les debouches, bien au dela de l'Union Europeenne, dont elle ne sait se contenter.

Face a des pays redoutablement competitifs, la competitivite de la nation irlandaise qui a desormais emerge sur le plan economique, elle, a desormais du poids dans l'aile. En 2006, 25 000 emplois ont ete perdus, au prix souvent de fermetures d'entreprises (industrie et services confondus) et delocalisations sauvages jetant les ouvriers sur le trottoir du jour au lendemain avec un maigre Pack chomage non negociable entre les mains. En 2007, pour rester competitive et maintenir sa croissance et son train de vie, l'Irlande doit creer 40 000 emplois. Cela necessiterait des investissements publics en terme de recherche et innovation qui ne sont pas actuellement prevus, tout comme en France: on essaie de continuer selon une recette qui desormais a vieilli alors que d'autres inventent leur propre modele. La croissance prevue en Irlande pour 2007 tournait autour de 5%; objectif revu a la baisse: 4%. On prevoit des pertes d'emploi dans le secteur de la construction, qui va ralentir, inevitablement.

Car jusqu'ou la croissance, les besoins infinis en Recherche et en Innovation doivent-ils aller? Les ressources et besoins d'une nation et du monde, qui creent les debouches en economie, sont par definition limites. Le constat en Irlande est simple: c'est une ile, jusqu'ou espere-t-on aller? Que ce soit en terme de population, de developpement structurel (immobilier notamment), ou d'economie, l'etat actuel des choses necessite une reflexion profonde.

Cette semaine, 3 degraissages successifs ont ete annonces: Eircom (compagnie de telecommunication semi-privee) supprime 800 emplois; Dell (ordinateurs) supprime 450 emplois; Galtee (viande) supprime 60 a 80 emplois dans une seule et meme localite. L'Irlande est un petit pays, ces emplois non renouveles sont une perte inquietante et l'annonce faite en une seule semaine un impact psychologique non negligeable.

Le modele economique irlandais? Il n'existe pas, pas plus qu'aucun autre. Il est temps de nous resoudre a penser l'organisation de nos societes en d'autres termes que de pure croissance, une simple fuite en avant qui nous empoisonne et nous asphyxie.