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mercredi 12 décembre 2007
Droit au But sur RTE
Ce soir l'OM etait a l'honneur sur RTE. Pas seulement sur le cable, en catimini pendant que des matchs plus importants sur la scene europeenne retenaient l'attention de tout le monde. Non, sur RTE, en vedette, devant tout un tas de telespectateurs qui se demandaient si l'OM allait reiterer l'exploit, une nouvelle victoire sur son terrain, apres avoir battu et, il faut bien le dire, embarasse, voire humilie, Liverpool sur son terrain. Un privilege rare que peu d'equipes en Europe ont su ajouter a leur palmares.
Chaque irlandais qui s'interesse au foot est supporter d'une equipe anglaise, qu'il se choisit dans son enfance au hasard, vu que le foot irlandais, c'est pas ca... un peu "crap" voire carrement "hopeless", selon les sources. Liverpool compte bien entendu son lot de supporters irlandais, ce soir grossi d'une floppee de suporters occasionnels, solidarite geographique, "malgre tout", oblige, ou bien de curieux decide a etre neutres au nom d'un certain exotisme et de la cocacite du temps des affaires et de Tapie.
Une belle occasion de briller a travers le foot, comme on aime le faire a Marseille, vu qu'a part le soleil et Zidane on n'a pas grand chose pour briller aux yeux du monde. Rate. L'entree des joueurs etait belle et enthousiaste, coloree et en chansons, dans la pure tradition velodromienne. Puis en 2mn c'etait plie. Liverpool a gagne sans aucun effort. Ebarassant. Que dis-je, humiliant. A oublier. On oublie.
Carrement crap le foot francais.
Chaque irlandais qui s'interesse au foot est supporter d'une equipe anglaise, qu'il se choisit dans son enfance au hasard, vu que le foot irlandais, c'est pas ca... un peu "crap" voire carrement "hopeless", selon les sources. Liverpool compte bien entendu son lot de supporters irlandais, ce soir grossi d'une floppee de suporters occasionnels, solidarite geographique, "malgre tout", oblige, ou bien de curieux decide a etre neutres au nom d'un certain exotisme et de la cocacite du temps des affaires et de Tapie.
Une belle occasion de briller a travers le foot, comme on aime le faire a Marseille, vu qu'a part le soleil et Zidane on n'a pas grand chose pour briller aux yeux du monde. Rate. L'entree des joueurs etait belle et enthousiaste, coloree et en chansons, dans la pure tradition velodromienne. Puis en 2mn c'etait plie. Liverpool a gagne sans aucun effort. Ebarassant. Que dis-je, humiliant. A oublier. On oublie.
Carrement crap le foot francais.
Conversation
L'Irlande et moi - Ireland and I,
Marseille
samedi 20 octobre 2007
France: Vive le pain des immigres !
Le jeune du mois de Ramadan s'est termine le 12 octobre. Il n'est plus l'heure de souhaiter Bon Ramadan ou Bonne Fete de L'Aid aux musulman-e-s reguliers ou de passage ici. Desolee... tres occupee ces derniers temps, pas mal de choses me sont sorties de l'esprit.
Non pas que le religieux soit fort et present chez moi.................
Non, mais comme Noel, que je n'observe qu'en tant que fete du regroupement familial (en tant qu'emigree, je pese mes mots), le mois de Ramadan et fete de l'Aid est habituellement un moment culturel fort pour moi a Marseille, et qui me manque un peu en Irlande.
La Fete de l'Aid, qui suit la rupture du jeune au dernier jour du mois, est un jour de fete pour qui a envie de s'y associer, et a la chance (oui, la chance) de vivre dans un quartier ou les habitants de culture musulmane vivent en nombre.
A l'ecole, c'etait un jour ou la plupart des eleves "manquaient", qui de bonne foi musulmane, qui s'inventant une alliance, voire un voisinnage, voire une observance du jeune par curiosite et solidarite, et profitaient de ce que l'absence aux cours ne "comptait pas". Car ce jour de fete etait tolere comme tel, et considere digne de traitement exceptionnel dans les etablissements de l'Ecole de la Republique que je frequentais, comme elle honore officiellement Noel, Paques et la Trinite.
Les classes quasi vides, les cours avaient un air de fin d'annee, on y travaillait serieusement mais certains profs s'autorisaient des digressions plus relaxantes.
Dans les rues, a moins que le Mistral rude et froid en l'hiver ne viennent tout gacher, les enfants courent vetus d'habits "du Dimanche" flambants neufs; les filles en bibliotheque rose, les garcons en complet veston. Les grands se retrouvent sur les palliers, les places, les halls d'immeubles et autour des fourneaux, apres le rituel des hommes amenant le mouton a l'abattoir...
Eh oui, le mouton est egorge... un vrai scandale lorsqu'on sait que la viande de ceux qui ne mangent pas Hallal provient evidemment d'animaux qui ne souffrent pas, ni physiquement, ni psychologiquement. Au fil de generations qui deja s'en lassent, ce rite peut-etre disparaitra.
A Marseille, l'equipement des abattoirs de la ville a toujours ete mis a disposition de qui souhaitait l'utiliser. Un systeme d'encadrement sanitaire plus strict a enfin ete mis en place ces dernieres annees. Seuls des bouchers de profession peuvent tuer le mouton, dans des conditions professionnelles, et non plus a la sauvette, en cachette, salement dans une salle de bain ou sur un balcon, parce qu'aucun autre lieu n'est disponible ou parce qu'aux abattoirs ceux capables d'improviser les gestes necessaires ne sont pas assez nombreux.
A la maison, il y avait donc couscous, pain et gateaux, arabes ou kabyles, au menu. Nous aussi, dans notre famille de "mangia spaghetti", on attendait l'Aid avec impatience! En un tel moment de partage par excellence, les victuailles faisaient le tour des familles et amis, de quartiers en quartiers.
La religion est beaucoup moins presente qu'on le "craint" chez les Francais de culture musulmane, pratiquants ou pas.
Un mariage, par exemple, est avant tout une affaire d'union entre deux personnes et leurs familles, l'occasion d'une fete phenomenale ou on ne compte pas le nombre de danses, chants, plats, cadeaux, et les references sont avant tout culturelles. Pas une seule foi le Coran n'est cite, comme la Bible ou le Code Civil peuvent l'etre ailleurs. Durant la fete, les maries et leurs proches portent des tenues traditionnelles qui rappellent les regions d'origine de leurs familles, et c'est la ceremonie d'union officialisee par l'apposition du henne sur les mains des epoux par la doyenne de leurs deux familles qui en est le clou. Une affaire de famille et de culture.
De meme, bien que plus religieux, le mois de Ramadan est dedie au rappel de la condition humaine, fragile, ephemere, par la sensation de faim, et de la necessite de partager, donner, savoir se defaire sans egoisme de quelque chose (argent, nourriture, objet) au profit de ses semblables, et surtout de moins bien lotis que soi, qu'on ne doit jamais oublier.
Le cynisme de l'achat d'un morceau de paradis par les plus croyants n'est bien entendu pas etranger a cette affaire.
Cependant, par le geste simple d'offrir et donner sourire aux levres, c'est le depassement des fontieres sociales, culturelles ou religieuses qui sont construites pour nous et bien malgre nous qui est celebre, sans y penser. Une assiette de couscous et quelques gateaux bien gras et bien sucres, voila qui rechauffe le ventre et le coeur, et peut aneantir toutes les rancoeurs qu'on peut nous inventer.
En Irlande, on s'est attache a faire l'effort d'en savoir un peu plus... Dans un pays de tradition catholique extremement stricte et centree sur Rome et ses enseignements, la tache est plus ardue qu'il n'y parait. C'est pourtant la curiosite pour ces "nouveaux irlandais" immigres tout recents qui l'a emporte.
Ainsi il y a des musulmans en Irlande? Voila qui est interessant....Et ils ont une tradition appelee Ramadan qui les mobilise de facon etrange pendant un mois? Ok, on connait le jeune modere du mois de Careme, ca ne doit pas etre bien different.
Plutot que de prendre pour acquis, comme c'est trop souvent l'habitude ici, les experiences et opinions americaines ou britanniques sur le sujet, les irlandais en matiere culturelle et d'integration des nouveaux arrivants ont decide de s'en remettre a eux-memes.
Par ailleurs la douche froide des emeutes de novembre 2005 en France a revele a l'Irlande qu'aucun modele d'integration des immigre-es actuellement en place n'a fonctionne, que l'egalite republicaine proposee par la France n'etait qu'une fiction; qu'il convenait donc de se remonter les manches en toute humilite et mettre a contribution le chromosome d'Inventivite qui, lui, a donne de si beaux resultats jusqu'a present.
Ainsi les emissions d'actualite de radio les plus populaires (ici la radio est un medium d'expression a portee de tous, citoyens puissants et lambda reunis sur les ondes, donc prise et a ce titre bien plus important que la television), au niveau local et national (RTE, Today FM, Newstalk), ont donne la parole a des gens de confession ou culture musulmane d'origine africaine ou francaise, afin de leur permettre d'expliquer ce que ce rite signifie pour eux, mais aussi les eventuelles difficultes rencontrees pour son observance au sein de la societe irlandaise, toujours dans le but de souligner des couacs d'integration et ebaucher des solutions.
Cela n'empeche pas les autorites de renvoyer sans menagement des immigres originaire de pays hors Union Europenne, dont le dossier n'est pas a leur gout, dans une indifference citoyenne quasi generalisee et quelque peu choquante. Ceux qui restent, cependant, doivent etre traites avec respect, et on considere naturel de les aider a suporter le poids et faire face a la responsabilite de leur integration reussie.
Je souhaite que l'Irlande regarde du cote de Marseille, pour y etudier pourquoi lors des emeutes en 2005, ou des violences qui accompagnaient quasi traditionnellement les manifestations etudiantes avant ca, les incidents y ont ete mineurs et si peu nombreux en comparaison avec la situation nationale. Une lecon de multiculturalisme et d'anti-ghettoisation, certes pas l'oeuvre des actions en faveur de la "mixite sociale" de la municipalite UMP actuelle, qui ne sont que de vulgaires operations immobilieres d'expulsions de familles sans le sou du Centre Ville et d'installation de foyers ayant les moyens de payer des impots consequents dans les endroits attractifs de la ville, tel que les bords de mers traditionnellement ouvriers; mais bien le resultat naturel de la mixite des populations issues des migrations successives, de Gyptis et Protis il y a 2600 ans a nos jours. A Marseille, des bidonvilles, oui, dont le dernier a disparu dans les annees 1990 seulement, mais pas de Cite-dortoirs, parce que jamais la place n'a existe pour les construire. Le melange obligatoire et la necessite de communiquer, voila le secret.
A defaut d'etude, c'est par le bout artistique de la lorgnette culturelle que mon cinema de quartier (Garter Lane Arts Centre) s'est interesse a la communaute musulmane de France, en diffusant Indigenes "Days of Glory", et c'est par le bout touristique de cette meme lorgnette que The Irish Times s'est recemment interesse a Marseille, et que ses lecteurs ont goute la saveur locale en tant de Ramadan.
La "premiere ville africaine traversee par le Paris Dakar", comme disaient les Inconnus, est bien souvent fiere de l'etre !
Letter from Marseilles: The sun had hovered low, a teasing purple plate that eventually dipped into the Marseilles bay. Hungry crowds of Ramadan-observing Muslims emerge, taking nightfall as their cue to break their daylong fast. In homes all over France's second city, they devour couscous and tagines; in simple restaurants they choose steaming bowls of chorba and sip gold-embossed glasses of mint tea. Since morning in the streets off Rue Canebière and around Noailles, Arab butchers had sold halal meat; grocers had weighed out loose semoule and bakers had flicked soft paintbrushes over trays of honey-swimming makroud and baklava cakes to disperse a sticky plague of flies.
Chickens were purchased for eating that evening by many of the city's 200,000 people of North African origin.
By night, the quays on both sides of Marseilles's old port are home to a relaxed line of hotels, bars and restaurants, a far cry from the expected nautical mile of ruddy-faced sea shanty singers, wooden legs and anchor tattoos. The central port area exudes seaside calm, its waters a large marina for hundreds of vessels. (...)
The Irish Times, 12.10.2007
Conversation
En Sarkosie,
L'Irlande et moi - Ireland and I,
Marseille
jeudi 11 octobre 2007
D'un immigre a une autre: Nous, immigres Francais
Si mon grand-pere avait du passer des tests de Francais, nous serions 20 personnes de moins dans ma famille. Si mon arriere-grand-pere avait du passer des tests de Francais, il n'y aurait pas de famille du tout.
Mon grand-pere a echoue en France comme prisonnier de guerre evade en 1942. Cache, nourri par la communaute italienne, il a appris le Francais en lisant le journal seul a la maison, et le soir chantait, en bon napolitain, pour payer ses repas. Puis il est sorti de son repere, n'y tenant plus, pour travailler, au grand jour, immigre clandestin, sans papier, puis avec des faux, et plusieurs noms, jusqu'a son mariage, sa regularisation.
Plus tot mon arriere-grand-pere etait arrive en France pour travailler plus, afin de gagner plus. La vie etait dure en Toscane, mais pas misereuse. Il voulait s'enrichir pour emmener sa famille aux Etats-Unis, mais en escale a Marseille, il y a trouve son Eldorado. La famille a ete regroupee, et tout le monde est reste.
Aux memes moments, le noyau "Francais de souche" de la famille se formait, entre Charentes et Medoc.
Y en a-t-il, dans ce lot, qui sont meilleurs que d'autres?
Mes Francais de souche etaient reveches et travailleurs; mes Francais d'importation etaient joviaux et travailleurs: tous ont eleves enfants et petits-enfants dans le sens du respect, de l'autorite, de l'effort. Leurs familles ont prospere, n'ont jamais manque de rien, n'ont jamais rien pris qu'ils n'aient gagne dignement. Mes Francais de souche ont travaille durement pour le profit d'autres, et parmi mes Francais d'importation certains ont cree leur propre emploi et celui de dizaines d'autres. Car sans les napolitains, a Marseille, la peche ne serait rien.
Qui juge-t-on le plus "utile a la Nation"?
A mon tour je suis partie, me suis etablie, essaie de prosperer, d'etre utile a la Nation qui m'accueille, qui un jour sera inquiete mais en attendant, pour tout cela, m'ouvre les bras.
C'est pourquoi je me suis associee a la redaction du texte suivant.
Nous, les immigrés Français
Nous, immigrés Français en Irlande, nous avons la chance d'être accueillis dans un pays qui a ouvert largement ses portes à des travailleurs non seulement Européens mais de tous les pays du monde, sans aucune expérience de l'immigration. Nous n'avons pas été soumis à des tests de langue ou d'intelligence pour savoir si nous satisfaisions les critères ou quotas de notre pays d'accueil. L'ADN de nos enfants n'a pas été testé. En Irlande, immigré n'est pas synonyme de fraudeur ou de voleur d'emploi.
Nous, immigrés Français en Irlande, nous avons la chance d'être accueillis dans un pays qui a ouvert largement ses portes à des travailleurs non seulement Européens mais de tous les pays du monde, sans aucune expérience de l'immigration. Nous n'avons pas été soumis à des tests de langue ou d'intelligence pour savoir si nous satisfaisions les critères ou quotas de notre pays d'accueil. L'ADN de nos enfants n'a pas été testé. En Irlande, immigré n'est pas synonyme de fraudeur ou de voleur d'emploi.
L'injustice des mesures sur l'immigration mises en place par le gouvernement Sarkozy nous révolte. L'immigration, loin d'une menace, est une chance pour l'avenir de la France. Ici, nous ne mangeons pas le pain des Irlandais, nous contribuons à sa production. Nos homologues immigrés en France apportent également jeunesse et dynamisme à notre population vieillissante.
L'Irlande met en place une série de tables rondes pour organiser au mieux l'intégration des immigrants. Toutes les parties concernées y contribuent : associations locales, éducateurs, syndicats, police, média ansi que des représentants des différentes nationalités. Inspirons-nous de cet exemple.
La gestion de l'immigration mérite mieux que des effets d'annonce à des fins électorales.
Lettre aux Députés Francais
En commentaires: la Lettre aux Députés Francais, redigee et signee par ceux qui se sont deja adresses aux senateurs (voir la Lettre aux Senateurs ). Libre a vous de la reprendre, l'adapter, et l'adresser a vos elus locaux. Chaque voix compte !!
Conversation
En Sarkosie,
L'Incendie de la République,
Marseille
samedi 1 septembre 2007
Bleu Mediterrannee, un devoir de rentree
De retour de vacances et entre rentree des classes normale et rentree de la semaine de 4 jours en France, rentree des petits et plus grands dans leur uniformes rutilants que des familles ont encore galere pour payer dans l'indifference quasi generale en ces temps d'opulance ou qui n'a pas sa liasse de billets jaunes (50 euros, pour ceux qui n'en voient pas souvent) au chaud dans sa poche prete a etre degainee est forcement un feignant de base, je me colle au devoir de retour: Raconter vos vacances.
Eh bien je suis allee a Marseille, j'ai vu des nuages blanc et un peu de ciel bleu, l'air sentait incroyablement bon le pin et le fenouil sec, l'herbe etait jaune brule, les grappes lourdes de raisins et les figues gonflees de miel, les contrastes etaient saisissants, la colline etait rude et belle, la mer tres bleu, les soirees etaient douces et chaque soir le soleil caressait la mer dans de suaves reflets de roses, d'ocres et d'ors.
En chemin je me suis repue de Mediterranee en lisant Maissa Bey, qui raconte avec realisme et pudeur les femmes de l'Algerie (Cette fille-la) et Amin Maalouf dans une superbe evocation romanesque d'un Liban des Milles et une Nuits, et la formation de ses malheurs contemporains (Le Rocher de Tanios).
A Marseille le jour de mon arrivee j'ai ete accueillie par l'evenement le plus culturellement typique qui puisse dans mon quartier-village de l'Estaque: les joutes ! Pour qui ne connaitrait pas, je cite la societe de joutes des Pescadou de l'Estaco: Avec un coté folklorique mais surtout sportif, les joutes fondent les jeunes aux plaisirs du sport et rappellent un côté du tournoi chevaleresque qui plait tant aux marseillais.
Et me resiste pas a l'envie de vous les presenter plus avant en photos.A Marseille je suis allee "en ville" me ballader, respirer le parfum d'ailleurs des quais de la Joliette ou les bateaux a l'embarcadere forcent le reve et l'atome voyageur. La-bas la Corse, l'Italie, l'Algerie et la Tunisie...
Degustation de coquillages civilisee a Carry-le-Rouet. Deja le chic de la Riviera sur la rustre Cote Bleue.
Rapide tour des arenes et pause en terrasse dans l'attente fievreuse d'un concert de legende a Nimes...
A Marseille je n'ai pas pu contenir ma joie lorsque, en visite quotidienne chez ma meme, malgre des louveoiments concertes en famille, je n'ai pas echappe a un JT de TieffeOne et comble de bonheur, a des episodes des Feux de l'Amour. J'ai pu constater qu'entre le lundi ou je n'ai pu refrener ma curiosite et le mercredi de la semaine d'apres ou a la veille de mon depart j'ai tenu a organiser un piss taking de masse, parce que mieux vaut en rire qu'en pleurer, je n'avais pas perdu une miette des dialogues poulpitants qui se jouaient platement devant moi; que les personnages etaient assis sur les memes chaises, tramaient les memes complots, et se posaient les memes questions.
En ces temps de doutes et d'incertitude ou les Francais ne veulent que securite, stabilite et reconfort, j'ai ete heureuse, oooooh combien heureuse, de constater que TieffeOne, fidele a ses principes, continue a cultiver la beatitude des cerveaux.
De ca vous n'aurez pas de photos.A Marseille j'ai siffle d'admiration devant le talent de gens comme Catherine Laborde, gourde professionnelle sur France Sarkozyste Television, qui a la fin de son interview de Mme Dati, la Ayrton Senna de la Reforme Judiciaire pour faire plaisir a son patron qui est en plus un ami qui l'emmene en vacances dans des residences payees par des industriels milliardaires vous parlez d'une independance du pouvoir de l'Etat !!, au terme d'une interview de la Ministre de la Justice donc, sur le theme de la loi sur la recidive, reussit par un miracle mediatique dont seuls les journalistes subtilement a la botte ont le secret, a evoquer la rapidite de l'action gouvernementale dur triste sieur Sarkozy, dont soudain le portrait moche est apparu en grand format derriere une Rachida a la machoire douloureuse de soudain tant sourire de trop d'honneur et de fierte de pouvoir louanger son bienfaiteur et le notre a tous, Saint Petit Pere du Peuple qu'il etait convenu, en cette minute emouvante, sur le JT de 13h du service public, de venerer comme il se doit.
A Marseille ce jour-la j'en croyais a peine mes yeux... et mes oreilles, que sur un sujet a priori serieux qui pouvait s'en passer, il nous a fallut glorifier l'efficacite, le style, la gentillesse et la grandeur de Sa Petitesse, comme si somme toute cela etait bien naturel.
M'ame Cecilia ne fut point evoquee. Car si on l'envoie en mission officielle liberer en grande pompe toute seule comme une grande les otages d'une longue operation diplomatique d'envergure internationale a portee strategique de defense et de securite vitale, Sa Petitesse l'a bien precise, il ne tolererait pas qu'on s'interesse a elle de facon privee. Point de glorification donc.
Point donc de photos non plus. IL a dit "C'est interdit".Plus tard en quete de depaysement jetant un oeil sur RAI 3 je fus effaree de voir apparaitre sur l'ecran des images de Sarko en vacances (c'est un peu comme les Martine, mais en beaucoup plus chiant) illustrant la joie de la pulpeuse presentatrice JT qui annoncait que les Francais se fatiguaient du Monarque republicain et peu convaincue et degoutee par un torse moche et velu je me suis dit ne peut-on nulle part y echapper?! et arretons le massacre il est temps de rentrer... Au moins Bertie, lui, n'enleve pas le haut ! (ca couterait trop cher en fond de teint)
A Marseille je me suis dis que tout etait beau et magnifique et faisait vibrer delicieusement mon coeur. Les "retours" sont toujours merveilleux. Mais... blues de l'expatrie-e qui se sent avant tout voyageu-r/se en quete d'ailleurs est vite passe. Pour la premiere fois je me suis dis que j'aurai du mal a me resinstaller, a me readapter a la vie francaise, a la vie marseillaise. S'il le fallait bien sur un moindre effort suffirait mais... mais... jolie, jolie ma vie irlandaise... Simple blues de Sarkosie? De voir la France sur la mauvaise pente, sans plus rien de rien a offrir a qui est parti pour fuir en desespoir de cause ce pire qui est arrive? Peut-etre...
En chemin dans l'avion j'ai vu des beaufs grands crus facon les Bronzes en Irlande discutant le manque de pluie a Dublin, ou trop de pluie a Galway, trop de saussage and bacon les irlandais mangent gras aussi mal que les anglais, et tiens c'est marrant dans un village j'ai vu un fast food base sur le poisson (non, un fish & ships, vraiment?? j'avoue que j'ignorais que certains ignoraient et l'etonnement me rendant bete je me suis surprise a feliciter l'invention), et y'en a pas un qui parle francais pas facile pour se faire comprendre, etc.; j'en ai vu d'autres plus contents de leur decouverte culturelle; aussi des etudiants, ceux retournant vers le pays qu'ils ont aime pour un nouveau semestre ou un petit boulot ou visiter des amis, ceux qui y vont pour la premiere fois qui questionnent ceux qui savent un peu, me ramenant les uns et les autres au temps emotionnant de ma propre decouverte, que je contemple desormais en "vieille" habituee et avec une nostalgie attendrie (arf, je vieillis!); des irlandais en ballade toujours ravis d'avoir fait un sejour en France, a fortiori dans le Sud (avec une pointe de fierte je me demande s'ils ont pris le temps d'aimer un peu Marseille...), certains qui aimeraient bien y rester et parlent d'y retourner un jour pour toujours, car eux s'en fouttent pas mal de la Sarkosie, tandis que je retourne "chez moi", en Irlande :). Chacun son chez soi, pas forcement celui qu'on croit, toujours celui qu'on se choisit. Et parfois on en a deux.
Mais Back to reality: work, work, work ! Ici l'economie ralentit, on a du faire une erreur de calcul quelque part, vite, amasser avant que ca s'effondre !
Jusqu'aux prochain aller-retour.
samedi 18 août 2007
Fermeture pour conge estival
Chers amis, chers passants,
on dirait pas comme ca mais je suis off au concert de Bjork a Nimes next week. Yes, yes, yes :).
Je m'en vais donc emballer deux ou trois guenilles a canicule dans un sac geant, qui sera investi au retour de cosmetiques made in Chez Nous (on ne m'arrachera pas a Yves Rocher) et de nectar de vigne embouteille (l'Irish a soif). Petite vacances ensoleillees dont j'attends beaucoup de chaleur, de soleil, de mer bleue, de nuit blanches, d'aperos sur la terrasse, ballades en colline et farniente et transpiration.
Mon plan lecture est tres simple: Cette fille-la de Maissa Bey. Ensuite: inspiration. Ma bibliotheque marseillaise trop delaissee mais etoffee a distance par la magie du shopping internet me semble, de loin, un tresor inepuisable.
Escale a Howth, Co Dublin ce soir pour un vol tres matinal vers le Sud prometteur.
Je m'en vais donc en Sarkosie. J'ai tellement hate de revoir un JT de TieffeOne. A dans... pas trop longtemps !
Je veux revoir ma Saaarkoooooosiiiiiiiie !
C'est le pays de mes reeeeeveeeuuuu...
Photo: Maja U. - Ma Serbie a Marseille :)
Dear Friends and visitors,
I am off to France or Sarkoland for a few days.
I am going to the Bjork gig in the beautiful Nimes arenas on Tuesday :) and I am soooooooo looking forward to a good old heat wave and sun and blue sky and blue sea and perspiration and sleepless nights and aperitifs :). I just sooooooooo need a break from the rain !
Enjoy the pictures below, more to come I promise :).
mercredi 4 juillet 2007
It's a long way to..... Marseille
Une fois n'est pas coutume.
J'ouvre un coin Diaspora et Nostalgie avec deux sites qui m'aident a m'evader... vers mon pays natal. J'ai beau vivre au pays du Low-cost triomphant, c'est le souvenir et l'imagination auxquels il faut avoir recours le plus souvent. La pluie et la grisaille qui s'estompent un peu m'ont salement mine le moral, et je maudis cet ete d'ordinaire clair et doux qui me console habituellement de louper l'epreuve de la canicule, meme si les aperos n'ont pas ici la meme saveur. Damn you Irish Summer !
Il y aurait beaucoup a ecrire sur ce dilemne de l'expat qui n'est jamais bien a la maison et ne reve que d'ailleurs tant qu'il ou elle n'y est pas, puis a qui la maison manque une fois qu'il ou elle s'est installee ailleurs. Et parfois se console en changeant d'ailleurs. Enfin, ceci pour ceux et celles concerne-e-s par ledit dilemne. Beaucoup y echappent allegrement. Tous ceux qui ne sont pas nes a Marseille generalement :).
Ah oui, mon pays natal c'est pas la France, c'est Marseille. Je precise, on a sa fierte. No offense personne, c'est comme ca, j'ai pas choisi :).
Dur dur de vivre dans le beau Royaume de la Pluie quand on vient du Pays de l'Ete.... (ca j'ai choisi)
Sequence nostalgie:



Pour ceux et celles que Marseille rend curieux, 2 liens peu conventionnels:
MON bout de Marseille:
L'Estaque, petit port marseillaisPour les photos, un grand merci a Maja, expat serbe a Marseille, auquel son pays manque aussi, malgre la plage et les aperos. Un dilemne je vous dis !! (Ou alors on est juste des chieu... ??) Et en plus on voyage sans se croiser. Comble.
dimanche 31 décembre 2006
Fin d'année difficile ...
Je ne sais pas pour vous mais pour moi et mon entourage français, famille et amis, 2006 a été une année maudite. Je dirais même merdique, sur le plan boulot / argent / santé. Les derniers jours de l'année ont été fêtés sans conviction, le Réveillon sage voire tristounet, calme quoi. Les amis dispersés, les familles réunies simplement, pour le réconfort, sauf contretemps majeur ou de dernière minute, il y en a eu.
2006 année noire ? On pensait pourtant avoir touché le fond avec 2005. Où nous entraînera 2007 ?
Comme le 1er janvier dernier nous essayons déjà d'oublier l'année qui vient de s'écouler pour penser au renouveau de celle qui vient. De résolutions point. On prendra ce qui se présentera avec le fol espoir que tout ira mieux, puisque rien ne peut aller plus mal... On y croyait. Alors bientôt la nouvelle année sans conviction. Car qui sait ce qui nous attend ?
Comme le 1er janvier dernier nous essayons déjà d'oublier l'année qui vient de s'écouler pour penser au renouveau de celle qui vient. De résolutions point. On prendra ce qui se présentera avec le fol espoir que tout ira mieux, puisque rien ne peut aller plus mal... On y croyait. Alors bientôt la nouvelle année sans conviction. Car qui sait ce qui nous attend ?
A 22h18 très précise ce soir, trois individus portant blousons amples, capuches et cagoules m'ont rappelé combien de 2007 il n'y avait pas grand chose à espérer. A part plus de bêtise, de violence, peut-être des émeutes, une révolution ?
A 22h18 ce soir, dernier soir de 2006, si doux à l'air printanier, où il faut de la volonté pour supporter un blouson, même ample, une capuche et une cagoule, un individu, accompagné de deux accolytes, posté devant mon ancien collège, alors que j'y passais, à allure modérée, en a profité pour me regarder dans les yeux, viser, et lancer à hauteur de visage un projectile qui aurait dû casser la vitre et m'atteindre. Je ne sais pas ce qui s'est passé, pourquoi son plan a foiré.
A 22h18, ce soir de Réveillon et de pleine fête de l'Aïd, qu'est-ce qui a motivé cet individu, en voyant arriver deux femmes et un chien dans une vieille Twingo délabrée, à allure modérée, pour viser et lancer un projectile à hauteur de visage ? Pourquoi sont-ils postés là ? Qui visent-ils, qui sont-ils ? Dans les Quartiers Nord de Marseille, qui y a-t-il a viser ? Des familles bien loties, souvent "pas d'ici", qui vivent leurs vies dans de belles baraques et belles bagnoles comme nous n'en avons pas ? Il y en a. Mais dans une vieille Twingo délabrées ? De nuit, dans une rue tranquille modérément éclairée ? Avaient-ils un objectif particulier ? Ils ne pouvaient voir ma tête, mon visage, ma communauté, ma religion, rien, ils ne pouvaient rien voir, ils visaient en aveugle, peu importe qui j'étais, ils ont visé. Calmement. Posément. Qui a intérêt à semer le trouble et la frayeur dans un quartier ouvrier ?
J'ai vu ces jeunes de quinze ans et moins semer le trouble et la frayeur en plein après-midi dans notre Terminal local de métro et bus fréquenté. Sans objectif particulier. Sans autre volonté que faire peur et dominer. Des proches y ont été agressés, cinq fois. Calmement. Posément. On n'a jamais porté plainte. Ces petites hordes d'enfants sauvages, il faut avant tout les apprivoiser, les sauver de leur abîme, les aider, les recadrer, les y forcer, s'il le faut. On se contente de l'éviter, de ne surtout plus y mettre un pied à la nuit tombée. En attendant celui ou celle qui saura nous sauver, eux et nous, en douceur...
Lorsque j'ai vu ces individus aux épaules larges, l'agresseur peut-être plus âgé que ses deux accolytes, pas bien vieux, lorsque j'ai vu le projectile (une bouteille ?) frapper ma vitre et senti le choc dans mes os, j'ai été prise de frayeur pour ce qui aurait pu se passer (et s'il avaient été plus excités, plus nombreux ?) et ceux qui suivraient, et surtout de rage, vu le calme et la froideur du geste, celui de trop, impardonnable. Je ne suis pas une balance, jamais, mais là j'ai filé droit à la maison en surveillant les alentours, et foncé sur le téléphone pour informer les flics, qui pour le coup étaient gentils et intéressés: tu parles, le chiffre ! un soir de Réveillon, quand M. le Ministre veut être Président... et ma voix tremblait plus de rage de participer à la hausse du chiffre de M. Sécurité que de frayeur imaginant d'autres agressés (et si à minuit, "pour faire comme à Paris", ils mettaient un peu d'essence dans la bouteille pour l'enflammer ? Souvenir du bus, de Mama à peine sortie du coma).
A qui profite le crime ?
Qui les a énervés ? La faute à la société et ceux qui veulent passer la France au Kârcher ? Aux américains qui assassinent des tyrans un jour de fête ?
Qui sous les cagoules ? Des manipulateurs peut-être, qui veulent faire croire à de la violence communautaire que récupèrera certain parti... ça s'est déjà vu, dans la région, ça a gagné des élections. On n'oublie pas Toulon, Orange ou Marignane. Et Vitrolles non plus.
Qui m'a poussé à la rage, à la frayeur, à m'énerver, à me défouler chez les flics ? Les partisans du chiffre et de l'implosion sont partout, rôdant la nuit, le jour. Calmement, posément, le temps de notre réponse viendra: au Printemps prochain, tout doit changer.
Fin d'année difficile... vivement 2007 ?
Conversation
Marseille,
Ségolène Royal en 2007,
Terreur ne meurt jamais
dimanche 24 décembre 2006
Le Temps des Douceurs
Ce soir c'est le Réveillon. On pense à ceux qui sont seuls, ou à la rue, et ceux qui se dévouent pour leur apporter un peu de chaleur.
Chez moi on boira et on mangera, pour le plaisir d'être ensemble et on s'attardera au moment du café sur les Treize Desserts, tradition immanquable du réveillon provençal.
A l'origine il s'agissait de fruits récoltés dans la campagne provençale, dont les 4 mendiants: figues symboles des Franciscains, noisettes ou noix symbole des Augustins, amandes symbole des Carmes, raisins secs symbole des Dominicains, d'oranges signe de richesse, et de la pompe à l'huile, un gateau plat qu'il fallait rompre à la façon du Christ avec son pain. Chaque ville, village, famille a sa liste de desserts, de nos jours encore plus variée. Point de religion chez nous mais comme la crèche, les 13 desserts sont un acte culturel fort adopté instantanément par mes aïeux à leur arrivée d'Italie, donc pour nous ce soir ce sera:
Amandes
Noix
Noisettes
Abricots secs
Pruneaux secs
Figues sèches
Mandarines
Bananes
Dattes
Bûche de Noël
Nougat blanc aux pistaches
Nougat noir
Chocolats
Les desserts attendront la fin du repas sur le buffet près des pots de blé ou lentilles plantés dans du coton le jour de la Sainte Barbe, pour décorer la crèche ou le salon, traditionnellement en espoir de prospérité, si le blé pousse bien...
Puis traditionnellement aussi, un peu avant minuit, on zappera sur TF1, pour voir la tête du Pape cette année, et on chambrera un peu ma grand-mère à son sujet... Comme il est loin le temps où elle s'en vexerait on laissera la messe là où elle se déroule pour s'échanger quelques cadeaux simples et on se quittera contents. Jusqu'à ce qu'on se retrouve le lendemain pour une journée complète famille et mangeaille ! à la mode italienne.
Joyeux Noël !
samedi 23 décembre 2006
Le Temps des Santouns
Savez-vous d'où vient la tradition de la crêche provençale ? Le thème: des villageois de Provence le soir du 24 se rendent tous en choeur près de la Vierge célébrer la Nativité. Au Moyen-Age les tableaux vivants étaient en vogue, avec parfois des débordements lubriques, et l'Eglise a trouvé le moyen de ramener la chasteté dans tous cela en inspirant des tableaux vivants religieux, que les villageois de Provenec créaient en procession pour Noël. Mais conséquence de la Révolution de 1789, toute manifestation, ou tout signe, tant ostensible qu'ostentatoire, de religion, opium du peuple, a été interdit.
Les citoyens religieux persistant, les processions du réveillon sont devenues sévèrement réprimées. C'est pourquoi les citoyens religieux, têtus et inventifs, ont eu l'idée de recréer en miniature ce qu'ils ne pouvaient plus faire en personne: rendre l'hommage du village au Messie. Les représentations de la Nativité existaient déjà, telles qu'on les connaît aujourd'hui. Les provençaux ont eu l'idée de façonner dans l'argile tout un monde de petits personnages (santouns = santons = petits saints) se rendant à leur place auprès de l'Enfant divin. La pratique est devenue tradition et c'est pourquoi le décor de la crèche est resté figé au XVIIIème siècle avec costumes et petits métiers de l'époque, le berger avec ses moutons, les puits, fontaines et les lavandières, le rémouleur, le ravi qui crie la naissance du haut des collines, l'aveugle et son fils, Margaride et Jourdan, le tambourinaïre qui appelle la population, le maire et le curé.
Quand je rentre pour Noël mon premier plaisir est de sortir les santons de leur cartons pour faire notre crèche, et d'aller me ballader parmi les merveilles de la Foire aux Santons, de Marseille ou Aix-en-Provence. Parfois on va voir des processions en costume d'époque, véritable crèches vivantes, on se passe une cassette de la Pastorale (une troupe amateur de l'Estaque raconte en chantant le miracle de Noël et c'est toujours marrant d'y reconnaître un voisin, un ami ou un ancien instituteur), et toujours les crèches géantes des Eglises de la Bonne Mère ou les Réformés.
Cette année j'achète les premiers santons d'une crèche à faire en Irlande. Tout-e marseillais-e emporte avec soi la tradition. J'ai cru pouvoir faire l'impasse, mais je ne suis pas plus héroïque qu'une autre. Pour moi c'est un acte culturel fort et indispensable qui évoque mes racines et mon enfance, la crèche que ma grand-mère faisait pour nous les petits, l'odeur de mousse des sous-bois mêlée à celle du talc pour faire la neige, les bougies qui fondent et les branches de Romarin pour faire des arbres, les petites cabanes en carton qu'on sort de leur papier et qui sentent les pignes de Pins qui les accompagnaient dans leur abandon annuel.
Comme je ne suis pas trop Fan de... Jésus Superstar je n'emporterai pas avec moi de Nativité, mais bien plutôt le nouveau santon vedette de cette année: Marie enceinte. Ben quoi, elle l'a été !
jeudi 14 décembre 2006
Tribulations en Utopie
Aujourd'hui je vais à l'hôpital. Pas pour moi. De Quartiers Nord à Quartiers Sud, les jolis, villas ou immeubles bien propres au pied des collines aux milles pins.
Dans la famille on n'a qu'une voiture et c'est ma soeur qui la prend, à la journée, pour aller à la Fac. Sans ça pour elle ce serait un parcours de l'étudiant-combattant qui en a découragé plus d'un dès les premiers mois de leurs études (sélection à l'entrée sur critère économique), dont moi pendant un mois pour cause de voiture unique en panne. En transport en commun le plus rapide serait: 20mn de marche jusqu'au Bus 35, 20mn jusqu'au Vieux Port, Métro Vieux-Port - Gare St Charles 10mn, Cartreize Marseille Gare - Aix-en-Provence les Facs 40mn. 1h30 les bonnes journées. Généralement 2h30 avec attentes et embouteillages. La même chose pour le retour. En voiture, Marseille L'Estaque - Aix-en-Provence les Facs par autoroute en voiture polluante: 20mn les bonnes heures, jusqu'à 40mn avec embouteillages. Aix-en-Provence est littéralement derrière notre colline, à un jet de pierre, un vol d'oiseau.
Pour l'hôpital, ma mère et moi aujourd'hui on va donc emprunter les transports en commun, si savamment élaborés par l'administration de notre bon Maire Gaudin si local, qui met actuellement la ville sens dessus dessous pour nous donner un Tramway non pas destiné à aider nous, gens de la périphérie, à se rendre en ville de façon propre et rapide, mais à rendre le centre propre et attractif comme à Haïfa, faire comme à Bordeaux chez l'ami Juppé, et montrer qu'on peut faire de jolies choses utiles et agréables sous administration Sarkozy, comme virer les kiosques historiques à journaux ou coquillages, pour ne garder que ceux pour fleurs, fermer les sandwicheries parce qu'elle attirent les marginaux la nuit, comme des mouches, se retient à peine de dire M. Gaudin, qui, discrètement et sans effusion de voix, comme s'il suivait les conseils de modération verbale de Marine Le Pen, met en acte le nettoyage du centre ville de tous ses "melons" qu'il détestait déjà en 93, cette fois sans rien nommer. Mais je vous rassure, le Tram n'est pas prêt... les rails sur la Cannebière ne se sont pas rencontrés, et sous les quelques centimètres de différence qu'il va falloir des mois pour corriger, je soupçonne sincèrement quelques mauvaises volontés citoyennes... Marseille ne sera pas jolie pour Sarkozy. Elle attend Ségolène ;), qui mérite bien plus que des kiosques à fleurs.
Le plus rapide, pour les 20 km qui nous séparent ma mère et moi de l'hôpital, d'un bout à l'autre de la ville: 20 mn de marche jusqu'au Bus 35, 20mn jusqu'au Vieux Port, Métro Vieux Port - Rond-Point du Prado 20mn, Bus 21 Direction Luminy 20mn. 1h20 les bonnes journées. Généralement une durée indéterminée en fonction des attentes et embouteillages. Même chose pour le retour. Tous les jours. Il fut un temps ou le Tram traversait Marseille de l'Estaque à Callelongue, ce qui nous permettrait de reduire au moins les moyens de locomotion à 2 et ceux polluants à 1: marche puis Tram et Bus 21.
On nous promet de prolonger les lignes de Tram, à partir de 2007. Ainsi nous aussi aurions le droit de voyager propre et facile comme les gens riches des Quartiers Sud, si on promet de ne pas tout casser, de pas tagger "Sarko fai pa ton show" parce que c'est pas beau (à Haïfa, y'en a pas, des trucs pas beau comme ça dans les rues). Mais si on n'est pas sages, si on ne vote pas Sarkozy, comme les gens riches des Quartiers Sud, si on ne laisse pas Gaudin dans le beau fauteuil de Sénateur-Maire dans lequel il a son creux favori, est-ce qu'on sera tout de même récompensés ? Est-ce que quelqu'un pensera à nous, une fois que M. Gaudin nous aura oubliés, abandonnées à notre sort de "défavorisés" qu'il nous a intelligemment mitonné ?
Les communistes nous promettent un Tram pour tous, mais ils font peur aux gens riches des Quartiers Sud qui ne veulent pas payer d'impôt pour la communauté des feignants, ceux dont les enfants viennent jusque dans leurs quartiers paisibles voler les motocyclettes de leurs enfants doux et travailleurs, parce qu'ils sont jaloux et mauvais. J'ose croire que Ségolène est un bon compromis entre la colère et la bêtise, des uns et des autres, dans une ville fatiguée, épuisée, qui ne cherche plus le dialogue parce qu'on l'a trop instrumentalisée, aveuglée, trahie, d'un côté et de l'autre.
Il ne s'agit pas même de politique des transports ou d'écologie, il s'agit de politique à des fins de politique, de manipulation à but électoral, d'un opéra-bouffe tragi-comique qu'on répète en "Province" pour le grand soir à la Comédie Française où se battira le succès national des acteurs costumés, en agneaux, pour l'occasion. J'ose croire que Ségolène sait déjà voir les gens, qui ne sont plus même dans les travées, public lassé, délaissé, santons d'argile, misérables pions sur l'échiquier. Hors du théâtre elle passe et demande à chacun ce qui l'attriste. Déjà elle a écouté. J'ose croire qu'encore, elle écoutera, et saura nous réconcilier.
Utopie sans fond ? Merde alors, oui ! Au point où on en est, il ne reste plus que ça ! Pensez plus loin que vos doutes, hésitations ou convictions s'il-vous-plaît... il en est pour qui le prochain Président c'est vraiment un truc important, au delà même des idéaux. Il y en a qu'une réforme institutionnelle pour une VIème République ou le dépistage précoce des enfants délinquants potentiels ne sauvera pas. Le bateau Phocée part à la dérive emmené par des pirates à l'assaut de la République: acculés à ramer, nous ne pouvons pas lutter seul, ne nous abandonnez pas !
Dans la famille on n'a qu'une voiture et c'est ma soeur qui la prend, à la journée, pour aller à la Fac. Sans ça pour elle ce serait un parcours de l'étudiant-combattant qui en a découragé plus d'un dès les premiers mois de leurs études (sélection à l'entrée sur critère économique), dont moi pendant un mois pour cause de voiture unique en panne. En transport en commun le plus rapide serait: 20mn de marche jusqu'au Bus 35, 20mn jusqu'au Vieux Port, Métro Vieux-Port - Gare St Charles 10mn, Cartreize Marseille Gare - Aix-en-Provence les Facs 40mn. 1h30 les bonnes journées. Généralement 2h30 avec attentes et embouteillages. La même chose pour le retour. En voiture, Marseille L'Estaque - Aix-en-Provence les Facs par autoroute en voiture polluante: 20mn les bonnes heures, jusqu'à 40mn avec embouteillages. Aix-en-Provence est littéralement derrière notre colline, à un jet de pierre, un vol d'oiseau.
Pour l'hôpital, ma mère et moi aujourd'hui on va donc emprunter les transports en commun, si savamment élaborés par l'administration de notre bon Maire Gaudin si local, qui met actuellement la ville sens dessus dessous pour nous donner un Tramway non pas destiné à aider nous, gens de la périphérie, à se rendre en ville de façon propre et rapide, mais à rendre le centre propre et attractif comme à Haïfa, faire comme à Bordeaux chez l'ami Juppé, et montrer qu'on peut faire de jolies choses utiles et agréables sous administration Sarkozy, comme virer les kiosques historiques à journaux ou coquillages, pour ne garder que ceux pour fleurs, fermer les sandwicheries parce qu'elle attirent les marginaux la nuit, comme des mouches, se retient à peine de dire M. Gaudin, qui, discrètement et sans effusion de voix, comme s'il suivait les conseils de modération verbale de Marine Le Pen, met en acte le nettoyage du centre ville de tous ses "melons" qu'il détestait déjà en 93, cette fois sans rien nommer. Mais je vous rassure, le Tram n'est pas prêt... les rails sur la Cannebière ne se sont pas rencontrés, et sous les quelques centimètres de différence qu'il va falloir des mois pour corriger, je soupçonne sincèrement quelques mauvaises volontés citoyennes... Marseille ne sera pas jolie pour Sarkozy. Elle attend Ségolène ;), qui mérite bien plus que des kiosques à fleurs.
Le plus rapide, pour les 20 km qui nous séparent ma mère et moi de l'hôpital, d'un bout à l'autre de la ville: 20 mn de marche jusqu'au Bus 35, 20mn jusqu'au Vieux Port, Métro Vieux Port - Rond-Point du Prado 20mn, Bus 21 Direction Luminy 20mn. 1h20 les bonnes journées. Généralement une durée indéterminée en fonction des attentes et embouteillages. Même chose pour le retour. Tous les jours. Il fut un temps ou le Tram traversait Marseille de l'Estaque à Callelongue, ce qui nous permettrait de reduire au moins les moyens de locomotion à 2 et ceux polluants à 1: marche puis Tram et Bus 21.
On nous promet de prolonger les lignes de Tram, à partir de 2007. Ainsi nous aussi aurions le droit de voyager propre et facile comme les gens riches des Quartiers Sud, si on promet de ne pas tout casser, de pas tagger "Sarko fai pa ton show" parce que c'est pas beau (à Haïfa, y'en a pas, des trucs pas beau comme ça dans les rues). Mais si on n'est pas sages, si on ne vote pas Sarkozy, comme les gens riches des Quartiers Sud, si on ne laisse pas Gaudin dans le beau fauteuil de Sénateur-Maire dans lequel il a son creux favori, est-ce qu'on sera tout de même récompensés ? Est-ce que quelqu'un pensera à nous, une fois que M. Gaudin nous aura oubliés, abandonnées à notre sort de "défavorisés" qu'il nous a intelligemment mitonné ?
Les communistes nous promettent un Tram pour tous, mais ils font peur aux gens riches des Quartiers Sud qui ne veulent pas payer d'impôt pour la communauté des feignants, ceux dont les enfants viennent jusque dans leurs quartiers paisibles voler les motocyclettes de leurs enfants doux et travailleurs, parce qu'ils sont jaloux et mauvais. J'ose croire que Ségolène est un bon compromis entre la colère et la bêtise, des uns et des autres, dans une ville fatiguée, épuisée, qui ne cherche plus le dialogue parce qu'on l'a trop instrumentalisée, aveuglée, trahie, d'un côté et de l'autre.
Il ne s'agit pas même de politique des transports ou d'écologie, il s'agit de politique à des fins de politique, de manipulation à but électoral, d'un opéra-bouffe tragi-comique qu'on répète en "Province" pour le grand soir à la Comédie Française où se battira le succès national des acteurs costumés, en agneaux, pour l'occasion. J'ose croire que Ségolène sait déjà voir les gens, qui ne sont plus même dans les travées, public lassé, délaissé, santons d'argile, misérables pions sur l'échiquier. Hors du théâtre elle passe et demande à chacun ce qui l'attriste. Déjà elle a écouté. J'ose croire qu'encore, elle écoutera, et saura nous réconcilier.
Utopie sans fond ? Merde alors, oui ! Au point où on en est, il ne reste plus que ça ! Pensez plus loin que vos doutes, hésitations ou convictions s'il-vous-plaît... il en est pour qui le prochain Président c'est vraiment un truc important, au delà même des idéaux. Il y en a qu'une réforme institutionnelle pour une VIème République ou le dépistage précoce des enfants délinquants potentiels ne sauvera pas. Le bateau Phocée part à la dérive emmené par des pirates à l'assaut de la République: acculés à ramer, nous ne pouvons pas lutter seul, ne nous abandonnez pas !
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