mercredi 21 février 2007

L'Europe, c'est pas lui, c'est nous ! C'est vous.

Amis europeens, tenez-vous le pour dit. L'Europe, c'est pas nous, c'est lui. C'est lui qui sait ce qui est bon pour nous: un Traite Constitutionnel simple, ratifie vite fait bien fait par le Parlement, pas par les citoyens, qui n'y comprennent rien. Referendum, perte de temps. Vive la politique a la va vite!


En tous cas, c'est une belle lecon de democratie que nous propose le Ministre-candidat. Maintenant qu'il est au pied de la derniere marche et qu'il sent bien le scrutin d'avril comme une basse formalite, Nicolas Sarkozy se permet de mener la campagne en disant aux uns et aux autres ce qu'il tolerera ou pas en terme de themes abordes... il met en garde les candidats contre toute "demagogie" sur ce sujet serieux. Vous me pardonnerez mais je suis morte de rire !! Fort de ses chevilles gonflees a bloc, il fixe les regles du jeu.

Plus cocace, il promet de faire passer en force par un Parlement dont il devrait en theorie ne pas se montrer si certains qu'il sera acquis a sa cause, un traite imparfait que les francais ont deja rejete, dans une version simplifiee comme si une telle solution pouvait etre plus acceptable. Ce des l'ete 2007 ! Quelle confiance ! Non seulement l'UMP vient de gagner la presidentielle mais indique qu'ils ont deja rafle les legislatives ! Certes, le Traite Constitutionnel est indispensable au bon fonctionnement de l'UE et il convient d'en adopter un au plus vite pour relancer l'Europe et le role de la France en son sein. Ca ne signifie pas qu'il faille l'imposer en l'etat, ou pire, simplifie. Voila qui est de la pure provocation et entrainera une protestation massive. Il le sait. En invoquant les devoirs europeens de la France pays fondateur il feint d'oublier le refus motive d'un autre pays fondateur. M. Sarkozy veut tout simplement faire une nouvelle demonstration de sa politique de fermete. Une drole de posture de la part de quelqu'un qui dit vouloir rassembler et reconcilier !

Outre le fait que Sarkozy fonde son assurance sur un soutien de l'Allemagne loin d'etre acquis, il prone une Europe a deux ou plusieurs vitesses qui n'aurait plus d'Union que le nom.

Hors l'Europe a besoin de temps, l'Union a besoin de temps au lendemain d'un nouvel elargissement, il lui faut renforcer ses liens, trouver ses marques, pas filer a plusieurs vitesses vers un avenir flou et deconnecte des citoyens qui dans cette optique n'ont plus rien a voir avec cette communaute europeenne qui n'en est plus une !

Non content de sauver la France, M. Sarkozy veut sauver l'Europe, qui l'attendrait comme le messie. Avec Sarkozy tout devient possible. Un contrat unique par ci, un traite simplifie par la, le tout genereusement saupoudre de "paquets" electoraux d'essence fiscale ou repressive (les delinquants en tole des 16 ans, pour simplifier la justice), la politique c'est facile avec Sarkozy.

Non, non et non ! L'Europe vaut mieux que ca !

Heureusement Segolene Royal a le courage de reclamer une renegociation pour l'ajout d'un volet social indispensable, meme pour une grande partie de ceux qui ont vote Oui a un projet dont ils savaient pertinament qu'il etait cruellement lacunaire sur ce theme; la clairvoyance aussi de promettre aussi un nouveau referendum, largement prone dans sa methode de gouvernance. Certes
18 etats europeens ont deja fait ratifie le Traite par leurs Parlements et les renegociations dependent le leur volonte de s'y replonger. Mais rien ne dit que leurs citoyens auraient eux accepte le Traite, a l'instar des francais et neerlandais qui l'ont refuse, et il convient de ne pas precipiter l'enterrement de leurs opinions.
Un dialogue sur le sujet est indispensable pour donner le temps et la force a la pedagogie de l'Europe d'operer, afin que 2009 soit la grande annee de la relance d'une Europe reconciliee avec ses citoyens, avec un Traite unitaire consensuel et fort a l'occasion du
renouvellement du Parlement Europeen.
La politique a la va vite en la matiere ne convient pas ! Expedier les desaccords nationaux et communautaires d'un revers de main est le meilleur passeport pour la mesentente et le chaos !

M. Sarkozy compte peut-etre sur le soutien de Pays Membres comme la Pologne. Le gouvernement nationaliste-conservateur-populiste-eurosceptique, met actuellement de l'eau dans son vin devant l'enthousiasme europeen de 87% des polonais face a l'afflux de fonds structurels et l'espace communautaire qui leur est offert pour aller chercher un peu partout, et notamment en Irlande et au Royaume-Uni des emplois et des revenus qui ne leur sont toujours pas proposes dans leur pays. Combien de polonais ai-je rencontre ici, qui ont quite leur pays a regret, se sentant chasses par la politique en vigueur.
N'empeche, le gouvernement polonais veut lui aussi reviser le Traite en faveur d'un desserement de liens senses engager sur les principes economiques, politiques et sociaux de l'Europe au benefice de ses citoyens. On se souvient de leur bataille pour faire inscrire dans le preambule les racines judeo-chretiennes de l'Europe. Le retour de la peine de mort est sur leurs levres, ainsi que les droits des homosexuels a manifester trop ouvertement leur "specificite".
Ainsi, ce que demande le gouvernement polonais, c'est l'abrogation de tout ce qui met en peril la souverainete de la Pologne afin d'avoir les mains libres pour mettre en oeuvre des principes contraires a ceux de la Declaration des Droits de l'Homme dont il sont combattu l'inclusion dans le Traite, et la promotion d'une Europe des Nations non contraignante.
Encore une fois, une Europe a la carte de Nations independantes et souveraines choisissant leur degre de cooperation selon les themes de leurs envies, echappant aux fondements memes qui sont seuls moteurs et raisons d'etre de l'Union.

On est bien loin de l'esprit de Schuman, Monnet Spaak ou Jacques Delors ! Ce serait l'avenement de la suprematie de l'Europe du libre-echange, epuree des principes politiques qui ont assure plus de 50 ans de paix et de prosperite sur le continent a l'Histoire la plus sanglante et la plus meurtriere du monde. Les peres de l'Europe ont voulu une union economique pour forcer celle politique et sociale d'inter-independance entre des pays qui n'auraient plus interet a se faire la guerre mais seulement a s'entendre et cooperer. L'Europe est fondee sur les valeurs oroginelles de liberte, egalite, solidarite, partage et respect (mis a mal de nos jours) a but d'excellence et visant a tirer vers le haut les niveaux de vie, d'education, de connaissance et d'emancipation des citoyens. Des valeurs et principes qui sont "l'acquis communautaire" voue a rayonner sur le monde par elargissements successifs du cercle, pas a pas.

Un choix de societe vous dis-je: de ces elections depend aussi notre avenir dans celui de l'Europe !



Ce que prevoit notamment le Pacte Presidentiel de Segolene Royal:
88. Construire une Europe plus protectrice et plus en phase avec les besoins de ses citoyens - mettre en place rapidement des politiques communes ambitieuses sur les enjeux majeurs : recherche/innovation, énergie, environnement ; préserver, par une directive-cadre le développement de services publics de qualité.
90. Tirer vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans tous les pays européens grâce à un protocole social
91. Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace


STRASBOURG (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est engagé, s'il était élu, à prendre une initiative pour sortir de la crise institutionnelle où est plongée l'Europe, qu'il a présentée comme un rempart contre la mondialisation. (...) "Je proposerai à nos partenaires européens de nous mettre d'accord sur un traité simplifié qui reprendra les dispositions du traité constitutionnel nécessaires pour que l'Europe puisse se remettre en marche", a-t-il précisé. Selon Nicolas Sarkozy, il s'agit de "mettre fin à la règle de l'unanimité" au sein du Conseil européen, de permettre à certains Etats d'avancer plus vite que les autres et de l'élection d'un président de l'Union pour deux ans et demi.
Ce traité serait soumis à la ratification du parlement et non à un référendum comme le proposent Ségolène Royal et François Bayrou.


On the Polish President's visit to Ireland:
En visite a Dublin cette semaine, le President polonais a recu les louanges du gouvernement irlandais pour la contribution de son peuple a l'effort economique national (100 000 polonais vivent et travaillent en Irlande a l'heure actuelle). Largement interroge par les deputes sur son attitude vis-a-vis des homosexuels, il s'est lance dans une diatribe anti-gay, se defendant d'etre homophobe, mais se disant simplement oppose a une promotion trop visible de l'homosexualite, qui si elle se repandait amenerait a l'extinction de l'humanite... dans la droite ligne des propos de l'italien Rocco Buttiglione, rappele de ses fonctions de Commissaire Europeen pour si peu.
Unwise to promote homosexuality - Kaczynski
Deaglán de Bréadún, Political Correspondent
Homosexuals are entitled to the same rights as everyone else, but if homosexuality were "freely promoted" as a lifestyle the human race could disappear, Polish president Lech Kaczynski told the National Forum on Europe yesterday.
Dr Kaczynski was challenged by several forum delegates at Dublin Castle about his controversial decisions when he was mayor of Warsaw to ban gay rights marches two years in a row, in 2004 and 2005.
Socialist Party TD Joe Higgins brought up Dr Kaczynski's stance on the "democratic rights of gay people" and added: "Do you still stand by your suppression of their rights when you were mayor of Warsaw?" Labour TD Joe Costello also brought up the issue of "homophobia".
He added: "I would like to elaborate on that in the context of our shared European values." Sinn Féin councillor Daithí Doolan also recalled the Warsaw march ban and urged the president to adopt a position of "tolerance, not bigoted homophobia".
Speaking through an interpreter, Dr Kaczynski said: "I am not a homophobe." Some of his "personal friends" were homosexuals, and "they enjoy full rights". It was another matter to suggest that homosexuality could be "freely promoted" and "treated as one of several choices".
"I reject that," said the president, who was on the second and final day of his State visit. If homosexuality were to be promoted "on a grand scale", he added, "the human race would disappear". The president also rejected a claim by Mr Higgins that the Polish government was conducting a "witch-hunt" against people who had been obliged against their will, according to Mr Higgins, to collaborate with the former Stalinist regime.
"There's no witch-hunt in Poland," Dr Kaczynski replied. Former communist agents were unmasked at an early stage in Germany and the former Czechoslovakia: "It was done earlier in other countries and only now are we starting to deal with this problem." On the issue of the treaty for an EU constitution, the president said the first question to be posed was, "whether or not it is really necessary". It was two years and 10 months since Polish accession: "We do not see any deep crisis in terms of decision-making processes in the EU."
Reporting on a conversation the previous day with Taoiseach Bertie Ahern, Dr Kaczynski said Ireland believed the current draft treaty should be adopted "with some small corrections". But today's Poland had enjoyed independence since only 1989 and was "sensitive" about limitations on its sovereignty.
No Government Ministers or Ministers of State attended the session and the Fianna Fáil delegation was led by Senator Martin Mansergh. Fianna Fáil delegate Una McGurk challenged the president on his call for a debate on the reintroduction of the death penalty.
Detection was "the biggest deterrent", she argued.
Dr Kaczynski said he was against having a situation where murderers could say to their victims, "You will not live and I will live." He added that it was wrong to give a guarantee to murderers that they would remain alive after their crimes.
Later, the president and his wife, Maria, were welcomed at a civic reception by Dublin City Council at the Mansion House, where Lord Mayor Vincent Jackson praised the contribution of Polish immigrants to Irish society. "They are highly intelligent, hard-working people, contributing hugely to the success of the Irish economy," he said.
He presented the president with a bowl made of Waterford crystal. The president in turn presented the mayor with a historical portrait of Warsaw

Sources: Le Monde.fr, The Irish Times, Desirs d'avenir



Complement: La volonté d'affirmer la dimension sociale de l'Europe progresse parmi les Vingt-Sept
LE MONDE 23.02.07

Fils de discussion interessants sur le Forum du Monde (acces libre pour lecture):

Les elections et l'urgence europeenne

L'Europe, c'est nous! Actu brulante.

Assemblee Constituante Europeenne

Aucun commentaire: